L'Art de Vivre est le plus grand Art qui soit. Cultiver l'Art de Vivre fait de soi un Artiste dans l'Art de Vivre sa vie.
Lorsque nous avons rencontré Patrick Baronnet pour la première fois c'était, en Mai 2005, à une conférence en laquelle il présentait, à l'aide d'un Diaporama, sa "Maison Autonome".
Aussitôt, nous perçûmes que nous avions affaire là à quelqu'un faisant corps avec ses œuvres, une parfaite adéquation entre la parole et les actes, ce qui, dans le monde actuel, est plutôt rare...
Jean-Claude Pierre, le porte-parole de Cohérence, lui aussi, était présent dans l'assistance, ce qui était tout, sauf un hasard...
Enthousiasmés par la conférence, le lendemain, dans la foulée, nous nous rendîmes à la visite de la Maison Autonome, trois heures minimum des plus instructives...
La Maison Autonome, c'est - plus qu'un Eco-Lieu - un Eco-Centre, un modèle écologique garanti sur sans facture (électrique!).
Dans leur «maison autonome» à Moisdon-la-Rivière, en Loire-Atlantique (44), Patrick & Brigitte Baronnet ne paient, en effet, plus de factures ni d'eau ni d'électricité depuis des années. Pourtant, chez eux, les robinets coulent et les appareils électriques fonctionnent {presque} normalement, éco-logie/nomie oblige!
à la Maison Autonome tout est, en effet, organisé pour avoir le moins possible recours à l'extérieur. Pour préserver l'environnement et vivre en accord avec leur conscience écologique, les époux Baronnet ont installé une éolienne, des panneaux solaires électriques, un chauffe-eau solaire, des toilettes sèches à litière...
Il leur a fallu près de vingt ans, dont quinze à vivre à six avec un seul demi-salaire, pour transformer une mini-fermette d'une pièce et demie, traversée par des courants d'air, en une maison bien isolée, dotée de tout le confort moderne et presque intégralement autonome.
Ces anciens Parisiens, grandis sur le pavé parisien, à qui Mai 68 a donné envie de changer non pas tout de suite le monde mais, tout au moins, déjà, pour commencer, leur monde, ont tout d’abord résilié leur abonnement auprès de la Compagnie des Eaux, le remplaçant par l'eau du puits, puis, étant donné que leur puits est – comme, hélas, beaucoup d’autres, notamment en Bretagne - relativement pollué par l’agriculture chimique (nitrates) environnante, par l'eau de pluie stockée dans des citernes enterrées, d'une capacité de 8.000 litres, puis filtrée au charbon actif.
En 2006, voilà déjà une bonne décennie qu’ils sont aussi complètement indépendants sur le plan énergétique. Avec des photopiles sur des panneaux solaires et une éolienne de 18 mètres de haut relativement discrète, ils ont pu se couper d'EDF.
«Nous sommes à 100% autonomes, en partie grâce à nos techniques mais aussi avec un peu d'autodiscipline», explique Patrick Baronnet. Leur foyer, qui comprenait alors six personnes, consomme, avec 4 kilowatts par jour, trois à quatre fois moins d'énergie que la moyenne des Français.
L'utilisation d'ampoules à basse consommation et le système de déclenchement de l'eau avec les pieds (pour économiser les précieuses gouttes) ne font donc pas tout. La famille Baronnet veille, notamment, à éteindre les lumières derrière elle et à ne pas rester des heures sous la douche.
«La technique doit être au service des économies d'énergie et non du gaspillage», insiste Patrick Baronnet, ancien professeur d’éducation physique, qui estime que l'intérêt de sa maison est surtout de l'ordre de la réflexion.
«Il faut comprendre que nous ne pouvons continuer à gaspiller les ressources de la planète», dit-il. «Il faut changer nos modes de vie pour devenir plus respectueux de l'environnement».
Ce qui impose aussi de ne pas polluer. D'où le méticuleux tri des déchets, le compostage des déjections humaines pour le jardin, la création de bassins filtrants pour les eaux grises (eaux usées à l’exception, bien sûr, de celles des toilettes)...
Depuis les années 70, le couple Baronnet organise des journées portes-ouvertes. Depuis, des milliers de visiteurs ont franchi leurs portes, pour des visites scolaires hautement pédagogiques ("revanche" de l’ancien prof démissionnaire, dont les inspecteurs ne comprenaient pas la décision!), des stages techniques sur le compostage ou, par exemple, la construction de murs en chanvre et chaux ainsi que de chauffe-eaux solaires.
C'est ainsi qu'ont été érigés le Zome servant à l'accueil du public et la Maison 3E (E comme Ecologie, E comme Economie et E comme Entraide), maison pédagogique hautement écologique, que l'on peut découvrir à l'aide d'un DVD qui lui est consacré.
Le dernier «écofestival» de Juillet 2005, suivi de l’Université d’été avec de nombreux conférenciers et intervenants de grande qualité, a attiré plus de 6.000 personnes.